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Les députés votent pour la dérogation

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« Il faut avoir l’humilité de reconnaître que nous sommes dans une impasse [face à la jaunisse], a déclaré Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, en ouverture des débats, insistant toutefois qu’il était pour l’arrêt des néonicotinoïdes. © LCP

Le projet de loi a été voté le 6 octobre 2020 en séance plénière, au grand dam des opposants au texte.

Ne pas opposer écologie et économie. C’est en ces termes que Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, a introduit le 5 octobre 2020 l’examen en première lecture à l’Assemblée nationale du projet de loi permettant de déroger jusqu’en juillet 2023 à l’interdiction des néonicotinoïdes sur betteraves. Reconnaissant qu’il s’agit d’un « texte difficile », il a mis en avant la souveraineté de la France. « La filière de la betterave est aujourd’hui en danger, a-t-il ajouté (lire aussi page 26). Aujourd’hui il n’existe pas d’alternative, qu’elle soit chimique ou agronomique. Nous sommes tous favorables à l’arrêt des néonicotinoïdes, nous sommes tous favorables à la transition agroécologique, mais cela ne peut pas être au prix de tuer une filière française pour importer des sucres polonais, allemands ou belges. »

Garde-fous

Une vision dénoncée par la gauche, certains députés comme Jean-Luc Mélenchon (LFI) jugeant que « la betterave française est malade du libre-échange » davantage que des pucerons. Delphine Batho (EDS) a, elle, déploré l’« empoisonnement intentionnel des terres de France » et fustigé un « revirement spectaculaire » (lire l’encadré).

Les députés ont voté le projet de loi le 6 octobre (313 voix pour, 158 voix contre), renforçant notamment le Conseil de surveillance, dont la création avait été introduite en commission par le groupe LREM le 23 septembre dernier. Les parlementaires ont aussi voté pour que les dérogations permises visent explicitement les betteraves sucrières.

Le texte doit être maintenant examiné au Sénat. Le gouvernement veut aller vite, les semenciers devant bientôt savoir s’ils doivent ou non enrober les semences de betteraves avec des néonicotinoïdes.

Isabelle Escoffier

« Contresens historique »

Certains députés ont regretté l’absence lors des débats de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, « qui nous a vendu l’idée [de l’interdiction des néonicotinoïdes] il y a quatre ans ». Delphine Batho a ainsi dénoncé le « contresens historique » du gouvernement alors que les néonicotinoïdes sont interdits depuis 2018 dans le cadre de la loi sur la biodiversité votée en 2016. Les députés LREM ont soutenu qu’il ne s’agissait pas d’un retour en arrière mais d’un texte « de bon sens ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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