« Aujourd’hui, le compte n’y est pas du tout », a confié Didier Guillaume, le 16 avril, à sa sortie du comité de suivi des relations commerciales, réunissant les représentants des producteurs, transformateurs et distributeurs à Bercy. « On a encore beaucoup de marge pour que les agriculteurs vivent de leur travail, a expliqué le ministre de l’Agriculture. Mais nous sommes confiants car tous ceux qui étaient autour de la table avaient envie d’aller dans la même direction : la meilleure répartition de la valeur. »

0,4 % de déflation

Mais à l’heure du bilan, les chiffres sont loin d’être flamboyants. L’état des négociations commerciales pour 2019, présenté par le médiateur des relations commerciales agricoles, a confirmé que les progrès sont encore insuffisants. Une baisse de 0,4 % du prix d’achat des produits alimentaires vendus sous marque nationale est observée par rapport à l’année dernière. Seule une amélioration des prix est confirmée dans le secteur laitier. Un point positif que Didier Guillaume explique par la conclusion de contrats tripartites et de négociations qui ont commencé plus tôt par rapport à d’autres filières. Malgré cette éclaircie, le ciel reste assombri pour les autres secteurs.

« La guerre des prix demeure », a assuré Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, avant d’ajouter qu’une certaine agressivité continuait d’être présente dans les négociations. « La réalité, c’est que les entreprises alimentaires, à l’exception de la filière laitière, ne vont pas pouvoir couvrir leurs coûts de production », a averti l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) dans un communiqué du 16 avril. « Le constat est inacceptable : encore - 0,4 % de demande de baisse de prix, c’est 300 millions de pertes pour les producteurs. Malgré la loi (N.d.l.r. : la loi agriculture et alimentation), la déflation reste la règle », a-t-elle relaté.

Du côté de la FNSEA, Christiane Lambert a reconnu que les choses ne changeraient pas d’un « claquement de doigt ». « Il reste encore une pression à la baisse exercée par certains distributeurs, et je dis bien certains, a-t-elle insisté. Parce qu’il y en a de plus vertueux que d’autres. » Ils sont encore trop peu nombreux.

Alexis Marcotte