« Le message est très clair. Nous ne décalerons pas la date de fin des négociations commerciales, alors que certains auraient pu le souhaiter, a annoncé Julien Denormandie après le dernier comité de suivi, le 27 janvier 2022. « Plus on se rapproche de la fin, plus les tensions montent », a ajouté le ministre de l’Agriculture lors d’un échange avec la presse.

Peu de contrats

Alors que la date butoir des négociations est fixée par la loi au 1er mars, « le nombre de contrats signés est plus faible qu’à l’ordinaire », a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises.

Au cours de cette réunion, qui rassemblait les représentants des distributeurs, industriels et de la profession agricole, Julien Denormandie a affirmé avoir eu « des propos très durs envers ceux qui ne respectent pas la loi ». Il a expliqué que « s’il y a un engagement des industriels et de la grande distribution sur les prix de la matière première agricole, des discussions subsistent sur les prix non couverts par la loi EGalim 2, comme les charges, l’énergie, les intrants et autres dans les coûts liés à la transformation ». Restant dans la même ligne de fermeté qu’au dernier comité de suivi de décembre, le gouvernement avertit : plus de 250 enquêtes ont été ouvertes depuis le 1er janvier 2022.

Une position qui ne devrait pas satisfaire complètement la FNSEA et Jeunes Agriculteurs, qui demandent à l’État « de passer des constats aux sanctions sans délai ». L’Ania (), l’Ilec (2) et La Coopération agricole « tirent la sonnette d’alarme » en dénonçant « la guerre des prix » imposée par les distributeurs. Ces derniers, par la voix de leur fédération (FCD), réaffirment leur volonté d’appliquer la loi EGalim 2 et fustigent « l’attitude irresponsable » de certains grands industriels qui refusent « toute discussion visant à modérer l’impact sur les prix à la consommation ».

A. Marcotte et M. Salset

(1) Association nationale des industries alimentaires. (2) Institut de liaisons des entreprises de consommation.