Entre les producteurs et les transformateurs qui font face à des hausses de coûts de production, et les distributeurs qui demandent des déflations pour maintenir leur attractivité auprès des consommateurs, le torchon brûle. Suite au dernier Comité de suivi des négociations commerciales, qui a eu lieu le 29 janvier, le ministre de l’Agriculture et la ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie font état de divergence de vues entre les maillons de la chaîne. « L’appel à la responsabilité réitéré lors d’échanges bilatéraux, mais également lors des comités de suivi des relations commerciales, a ses limites », constatent les deux ministres. Ils annoncent le renforcement des contrôles de la DGCCRF (1) et la mutualisation de moyens entre le médiateur des relations commerciales agricoles et le médiateur des entreprises.

Signaler les prix trop bas

Pour signaler des prix « trop bas par rapport aux coûts de production » constatés en magasin ou des problèmes d’étiquetage, une adresse e-mail dédiée a été lancée : signalement@agriculture.gouv.fr.

Le cabinet de Julien Denormandie se dit inquiet des augmentations de coûts de production en lien avec la hausse du prix des matières premières ou la sécheresse dans les filières animales, notamment pour le lait, la viande et les œufs. Les enseignes, « mais pas toutes », ont des difficultés à prendre en compte ces hausses, rapporte le cabinet du ministre.

La constatation a valu, le 26 janvier, un coup de gueule de Julien Denormandie, qui a promis des sanctions si les distributeurs ne redressaient pas la barre d’ici la mi-février. Interrogé sur l’éventuelle désignation des acteurs ne jouant pas le jeu, le cabinet du ministre répond que « ce n’est pas impossible », mais que « tout dépendra de la façon dont avancent les négociations. Un ultimatum a été fixé, ce sera la marche suivante. »

Marie Salset

(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.