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Jeu de poker menteur

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Un comité de suivi des négociations commerciales’est réuni le 13 février à Bercy. Un prochain point d’étape est prévu début avril.

Le ruissellement de la valeur ? Tout le monde en parle, tout le monde le veut, personne ne le voit.

C’est beau ! Depuis les États généraux, tous les acteurs de la chaîne alimentaire n’ont qu’une idée : mieux rémunérer les producteurs. Le président de la FCD (1), Jacques Creyssel, affirmait ainsi le 13 février devant le Sénat : « les priorités des enseignes sont claires, ce sont les producteurs agricoles », le pouvoir d’achat des consommateurs arrivant ensuite. Cela tombe bien, les industriels ont le même souci. À l’image de l’Ania (2) qui aurait pour « objectif numéro un de faire ruisseler la valeur vers l’amont », soutenait son président, Richard Girardot, devant les mêmes sénateurs, une semaine plus tôt.

Logiquement, tout le monde aurait dû sabrer le champagne en sortant du comité de suivi des négociations commerciales, qui s’est tenu à Bercy le 13 février. Or, mis à part quelques accords jugés positifs dans le lait (mais pouvant être liés au contexte de marché favorable), les autres secteurs sont loin du compte, déplorent les syndicats agricoles. La loi Egalim n’a « rien changé » renchérit l’Ania. Selon elle, le relèvement du seuil de revente à perte effectif depuis le 1er février, qui donne une marge de manœuvre financière aux distributeurs, n’a pas amélioré les conditions de négociation. De son côté, la grande distribution critique l’opacité des industriels concernant les retombées réelles vers les producteurs. Un prétexte pour ne pas augmenter ses prix ? Possible. Mais où que soit le coupable, une chose est sûre : les agriculteurs ne voient pas ruisseler grand-chose.

B. Lafeuille

(1) Fédération du commerce et de la distribution

(2) Association des industries alimentaires.

Bataille de chiffres

Le 13 février, l’Ania annonçait que sur 450 entreprises sondées, 77 % témoignent de demandes de baisse de prix systématiques de la part de la grande distribution. La déflation irait de 1,5 à 4 %. Et dans 88 % des cas, le fait de contractualiser avec des agriculteurs ne serait pas pris en compte lors des négociations. La FCD, qui réfute ces chiffres, a dégainé en retour un observatoire portant « sur la totalité des contrats en cours de discussion». Les industriels demanderaient des hausses de prix atteignant en moyenne 4 %, non justifiées par le cours des matières premières.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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