Une étude sur les conditions techniques d’un système électrique majori­tairement renouvelable est parue fin janvier. Le document rédigé par RTE (1) et l’AIE (2) met en avant la faisabilité de cette transition énergétique, mais aussi les défis à relever. L’intégration d’une proportion très élevée d’énergies renouvelables (EnR) au mix français implique « quatre ensembles de conditions strictes ». Cela comprend la stabilité du système électrique, la sécurité de l’alimentation, le dimensionnement de réserves opérationnelles et le développement des réseaux. La publication relève la nécessité de développer des technologies pour garantir la stabilité à grande échelle d’un système sans centrale conventionnelle.

Impossible sans les agriculteurs

Les différents scénarios avec une part élevée d’EnR sont tous fondés sur un développement important de l’éolien et du solaire photovoltaïque, tous deux étroitement liés au monde agricole. Ces modes de production présentent de nombreux avantages, mais leurs variabilités sont souvent pointées du doigt. À l’échelle saisonnière, elles se compensent : le photovol­taïque produit plus en été et l’éolien en hiver. Les variabi­lités heb­domadaires et quotidiennes sont nettement plus problématiques.

Parmi les so­lutions d’adaptation figure le développement de centrales pilotables à l’hydrogène ou au biogaz. Là aussi, l’agriculture jouera un rôle clé. L’essor d’infra­struc­tures de stockage, hydrauliques ou par batteries, est également nécessaire. La flexibilité de la demande et l’interconnexion des réseaux ne sont pas non plus des options, d’après l’étude. Les différents scénarios et leurs analyses sociales, environnementales et financières feront l’objet d’autres rapports attendus cette année.

G.B.

(1) Réseau de transport d’électricité, gestionnaire du réseau en France.

(2) Agence internationale de l’énergie.