Filtrage à l’entrée, barrières devant les étals, marquage au sol et solutions hydroalcooliques décorent le marché de Compiègne depuis le 28 mars. « Nous sommes limités à vingt-cinq exposants alimentaires et à cent clients en même temps. La priorité a été donnée aux producteurs en vente directe », explique une maraîchère, un masque sur le visage. Ces mesures, prises par le maire, ont convaincu le préfet de l’Oise d’autoriser le marché à rouvrir. Une décision que lui permet de prendre, après avoir consulté l’avis du maire, le décret du gouvernement venu interdire la tenue de tous les marchés couverts et de plein air depuis le 24 mars pour faire face à l’épidémie du coronavirus Covid-19. À Courseulles-sur-Mer, dans le Calvados, le maire a même interdit le rassemblement de personnes sur le marché de sa ville pour « papotage ».

Un guide à disposition des préfets

Cependant, tous les marchés n’ont pas pu rouvrir. En Haute-Savoie, par exemple, le préfet a accordé des dérogations pour onze communes, tandis qu’elles sont vingt-six en Indre-et-Loire à être autorisées à installer à nouveau leurs étals. Le 27 mars, la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, les chambres d’agriculture et différentes organisations représentant les artisans et les marchés ont annoncé avoir recueilli l’accord du gouvernement sur un protocole sanitaire adressé aux préfets. Celui-ci leur permettra d’accorder les autorisations d’ouverture des marchés alimentaires en leur donnant la capacité de vérifier si les conditions de leur organisation garantissent la santé des personnes. La diffusion de ce guide a également été saluée par la Confédération paysanne. « Nous avons travaillé avec d’autres et multiplié les pressions politiques pour obtenir cette reconnaissance. C’est une belle victoire d’étape pour l’agriculture paysanne », a précisé le syndicat.

Alexis Marcotte