«Pour être représentatif, le Marché du porc breton (MPB) doit fonctionner avec un minimum d’apports et depuis quelques séances, le nombre de porcs vendus a chuté, menaçant donc tout le système », alertent Jeunes Agriculteurs (JA) de Bretagne et des Pays de Loire dans une lettre ouverte aux producteurs de porcs, le 13 novembre. « Le nombre de porcs commercialisés au MPB est tombé à un niveau extrêmement bas, mettant en péril le bon fonctionnement de cet outil indispensable », estiment-ils.

« Pressions fortes »

Lors de la vente du 12 novembre, seuls 14 065 porcs ont eu une enchère sur les 24 329 présentés, alors qu’environ 380 000 devraient être abattus la semaine prochaine. « Comment établir une cotation fiable et non discutable avec seulement 3,7 % des animaux ? », s’interrogent les syndicats.

JA de Bretagne et des Pays de Loire constatent une « baisse constante des achats des abatteurs », qui entraîne « une diminution de leurs quotas semaine après semaine ».

Pour expliquer ce phénomène, ils pointent des pressions fortes et alléchantes de certains abatteurs pour « obtenir l’apport de cochons en direct des producteurs, sans passer par les organisations de producteurs, ou après coup ».

Si les organisations syndicales reconnaissent le caractère « tentant » de telles propositions, d’autant plus dans un contexte économique compliqué et incertain, elles considèrent que « cela ne fait qu’augmenter le pouvoir de l’aval, au détriment de celui des producteurs ».

JA de Bretagne et des Pays de Loire jugent nécessaire de « se battre pour maintenir une cotation transparente et unique pour l’ensemble des producteurs français », et rappellent le rôle crucial des producteurs : « C’est à eux de demander à leur groupement la commercialisation de leurs animaux via le MPB. »

V. Guyot