L’engraissement et la contractualisation étaient au cœur des débats de la table ronde organisée par la Fédération française des marchés de bétail vif (FMBV), à l’occasion de son congrès annuel en Corrèze, le 17 mai. Les échanges n’ont pas tardé à rebondir sur les difficultés que connaissent les éleveurs depuis la baisse des commandes de broutards à l’exportation.

« Nous devons trouver des solutions pour écouler les quelque 50 000 animaux aujourd’hui en trop sur notre marché », indique Guy Hermouet, président de la section bovine d’Interbev. » Selon Benoît Cavrel, directeur des achats chez Charal, les débouchés ne manquent pas. Mais il reste à percer face à des concurrents très compétitifs, comme la Pologne, qui, depuis l’embargo russe, réoriente sa production vers l’Europe.

Concurrence à l’exportation

Charal ne ferme pas la porte à la contractualisation sur la base des coûts de production. « Du moins pour le marché français, tempère Benoît Cavrel. Nous savons ce que représente le prix de revient d’un animal. La difficulté, c’est l’exportation, nous sommes concurrencés par des prix très bas. » Charal contractualise chaque année 40 000 bovins. « L’équivalent pour vous de deux semaines d’abattage », lance Pascal Coste, président du conseil départemental de la Corrèze, doutant de la légitimité de la marque à donner des leçons sur le sujet.

À défaut de solution pour la contractualisation, le débat s’est vite réorienté vers les prix. « Comment peut-on nous dire qu’il faut engraisser, alors que sur les marchés, nos acheteurs de broutards nous disent qu’ils n’en peuvent plus ? », demande un éleveur.

Hélène Chaligne