Entre le mois de juin et le mois de novembre 2017, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a recensé six nouvelles ZPP reproductrices (zones de présence permanente) de loup. Elles sont toutes localisées dans les Alpes-Maritimes, le Var, la Savoie et l’Isère. L’office comptabilise désormais 63 ZPP et atteste l’existence de 52 meutes, soit 8 de plus qu’à la fin de l’hiver dernier.

Tous hybrides ?

Malgré leur progression, les résultats de l’Administration restent loin de ceux du terrain. Un collectif regroupant éleveurs, citoyens et élus s’active depuis plusieurs mois à la recherche de preuves. Il organisait, le 22 novembre, une conférence de presse à la chambre d’agriculture à Grenoble (Isère), pour faire part de ses suivis. Ce collectif s’organise, entre autres, pour réaliser des prélèvements de salive le plus vite possible après les attaques de loups dans de nombreuses régions concernées par la prédation.

« Nos résultats dans l’Aveyron font état de dix loups différents alors que l’ONCFS n’en annonce qu’un, souligne Yann Souriau, maire de Chichilianne et membre du collectif. Et sur les vingt analyses ADN complètes que nous avons fait réaliser par le laboratoire allemand Forgen, nous trouvons vingt hybrides. Ces résultats doivent être vérifiés avec les services de l’État. J’ai demandé que Forgen se mette en relation avec le laboratoire français pour qu’ils les établissent ensemble. On peut imaginer qu’il y a des façons d’interpréter les différences. Nous souhaitons que des comparatifs soient réalisés. »

Le collectif s’étonne également que des gènes russes aient été retrouvés dans les analyses des prélèvements qu’ils ont envoyés à Forgen. « D’où viennent ces loups, interroge Yann Souriau. Pourquoi n’en a-t-on jamais parlé jusqu’à présent ? Quelle est la part des lâchers clandestins ? Pourquoi les hybrides n’ont pas été pris en compte jusqu’à présent ? Pourquoi ne sont-ils pas sortis du plafond annuel ?… »

M.-F. Malterre