Un an après la mise en œuvre de la loi issue des États généraux de l’alimentation (Egalim), son manque d’efficacité est largement dénoncé. Elle avait pour objectif d’améliorer le revenu des agriculteurs par une meilleure répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaîne.

Vaines mesures

« Cette meilleure répartition de la valeur n’a pas eu lieu car la grande distribution n’a pas joué le jeu », a souligné le ministre de l’Agriculture, le 30 octobre dernier. Une attaque dont s’est rapidement défendu Michel-édouard Leclerc sur son blog, rappelant qu’il avait annoncé l’inefficacité des deux mesures phares de la loi : l’encadrement des promotions et l’augmentation de 10 % du seuil de revente à perte (SRP). Cette dernière aurait pourtant bénéficié aux grandes marques et à la grande distribution, qui en a profité pour améliorer ses marges, selon un rapport sénatorial, dévoilé le 5 novembre. Michel Raison, rapporteur, indique que pour contrebalancer cette augmentation du SRP, « les distributeurs ont baissé les prix des “marques repères” produites par des PME, qui ont vu leur chiffre d’affaires chuter jusqu’à 50 % ».

Et le bilan n’est pas plus rose pour la profession agricole. Celle-ci n’observe pas d’amélioration du revenu, comme le constate la FNSEA ou le Modef. La Coordination rurale estime même que la loi Egalim est responsable de la baisse du revenu des producteurs de fruits et légumes. Vingt et une organisations, dont la Confédération paysanne, pointent du doigt le rapport de force toujours défavorable pour les agriculteurs, face aux transformateurs et distributeurs.

B. Quantinet