Pourquoi nouer un partenariat sur ce segment de marché ?

Laurent Guerreiro : Nos deux sociétés ont décidé de joindre leurs forces pour les recherches sur le blé hybride, grâce à un partenariat 50/50 pour une durée de cinq ans dans un premier temps. Plusieurs millions d’euros vont être mobilisés chaque année pour ce projet, qui concerne le marché européen, dont la Russie, l’Ukraine et les pays d’Europe de l’Est. Chaque société aura ensuite accès dans son portefeuille à des blés hybrides issus de ce partenariat. Les premiers pays ciblés seront la France, l’Allemagne et l’Angleterre.

RAGT Semences est un sélectionneur reconnu en blé tendre (20 % de parts de marché au niveau européen), nous travaillons depuis cinq ans sur les hybrides via la méthode de stérilité mâle cytoplasmique. Mais nous n’avons pas levé l’intégralité des verrous pour une production économiquement rentable. Ce partenariat avec Bayer va nous permettre de compléter ces manques, grâce à une diversité des approches qui permettra demain d’être plus original.

Que vont apporter vos futurs blés hybrides ?

Bruno Tremblay : Le blé hybride est une rupture technologique qui nécessite l’effort des deux sociétés. Nous avons une forte complémentarité sur le germplast, la génomique, les résistances aux maladies, les outils digitaux… L’objectif est d’arriver à une offre complète, une sorte de système de production qui soit beaucoup plus inclusif en termes de solutions pour les agriculteurs que seulement une semence avec un rendement et une qualité donnés. Les outils digitaux, déjà en place chez Bayer, permettront par exemple d’avoir un positionnement des hybrides plus précis à la parcelle. La chimie sera aussi un contributeur important à la réussite de ce projet, en la raisonnant en amont selon la génétique sélectionnée.

L. G. : Nous avons fait le choix de faire des croisements qui, dès le départ, pourront donner un bon hybride, avec un différentiel de rendement plus important qu’aujourd’hui par rapport aux lignées. Nous ne nous sommes fixé aucune barrière, c’est pour cela que nous n’avons pas exclu les NBT (nouvelles techniques de sélection) pour des cibles de résistance aux maladies ou d’amélioration de la qualité pour le consommateur. Nous n’aurons pas de blés hybrides issus des NBT dans cinq ans mais il faut voir plus loin.

Propos recueillis par Isabelle escoffier

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