Les nouvelles discussions tarifaires ont débuté le 5 octobre et vous semblez déjà alarmiste. Pourquoi ?

Olivier Dauvers : Je ne fais que constater les choses : il n’y a aucun élément nouveau par rapport à l’année dernière. Ni la loi, ni le contexte économique n’ont changé. Pire, il n’y a pas plus d’euros dépensés par les clients mais toujours davantage de mètres carrés pour les accueillir. Cette situation conduit à des batailles féroces. Les promotions ont pris le relais de la guerre des prix, mais c’est toujours au fournisseur de payer. On atteint le plus haut niveau historique d’agressivité.

Les tentatives pour améliorer les relations dans la filière ont donc toutes échoué ?

Olivier Dauvers : Il y a quelquefois des déclarations de bonnes intentions, on se promet que tout ira mieux, mais ça ne dure pas. Je milite pour une analyse de bon sens : tant que l’on n’est pas coercitif, on ne peut imaginer que les acteurs s’autorégulent. L’autorégulation n’existe pas dans l’économie.

Que faire alors ?

Olivier Dauvers : Une première étape serait d’interdire la négociabilité du tarif de l’industriel. En d’autres termes, que l’on redonne la primauté aux conditions générales de vente sur les conditions générales d’achat, comme auparavant. C’est le seul moyen de changer le rapport de force de la négociation. Sinon, les distributeurs continueront de serrer la vis au maximum.

Et du côté de la production ?

Olivier Dauvers : Une seule chose à faire : concentrer l’offre agricole de matière première. Répondre à la concentration par la concentration. Pas forcément sur les outils de production, mais au moins sur la mise en marché. Par exemple, en partageant la France du lait en quatre, avec quatre GIE d’apport qui iraient négocier chacun avec les laiteries.

Ce qui impliquerait des interprofessions plus actives ?

Olivier Dauvers : Bien sûr ! Les négociations sont pénalisées par le fait que la dimension interprofessionnelle s’est effacée au profit de la dimension contractuelle, bilatérale entre chacun des acteurs pris séparément.

Propos recueillis par Alain Cardinaux

(1) À retrouver sur www.olivierdauvers.fr