Où en est le dossier du fonds de soutien aux éleveurs de porcs ?

Olivier Étienne : La situation est bloquée. Les transformateurs salaisonniers ont claqué la porte d’Inaporc, l’interprofession porcine, au début de l’année. Nous dénonçons une fois de plus l’incapacité de notre interprofession à organiser la distribution du fonds de soutien. Nous demandons à son président, Guillaume Roué, de faire le consensus pour que la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viande (Fict) réintègre Inaporc, afin d’aboutir au versement du fonds de soutien aux éleveurs. Tous les acteurs doivent se remettre autour de la table pour avancer dans ce sens. Les fonds existent et nous ne pouvons pas les récupérer, car le système est soi-disant trop complexe à mettre en œuvre. C’est incompréhensible !

Qu’en est-il du côté de la grande distribution ?

Olivier Étienne : Nous avons eu contact avec différentes enseignes de la grande distribution : Serge Papin, de Système U, la Fédération de la distribution (FCD), qui regroupe Carrefour, Casino, Auchan. Ces enseignes se disent prêtes à soutenir les éleveurs par une contribution de 0,11 €/kg pendant une année. La grande distribution sait que les éleveurs ont besoin de ce fonds. Elle l’a promis. Grâce aux actions menées par les éleveurs, en matière d’étiquetage, la grande distribution a su faire évoluer les transformateurs, qui y étaient opposés. Le logo VPF (viande de porc française) est beaucoup plus visible aujourd’hui dans les rayons des supermarchés. 

Et si rien ne bouge, qu’envisagez-vous ?

Olivier Étienne : Les transformateurs salaisonniers ne cotisent plus à Inaporc. Sans un accord, les éleveurs n’auront plus de raisons de cotiser, à la hauteur de 0,16 €/porc, non plus. Si les salaisonniers et les transformateurs ne reviennent pas autour de la table, il n’est pas exclu d’organiser des opérations de blocage des outils. Avec la reprise des cours du prix du porc, tirés par la demande chinoise, nous n’entendons plus personne. Mais chacun sait que le marché peut se retourner très vite. Il ne faut pas oublier trop rapidement par où l’on vient de passer. 

Propos recueillis par Isabelle Lejas