Les visiteurs du Salon international de l’agriculture (Sia) se sont pressés pendant dix jours devant la stalle de Fine, chacun tentant un selfie avec la petite vache noire et blanche. Le choix d’une race comptant moins de 3 000 vaches comme égérie du Salon a braqué les projecteurs sur les races sous programme de conservation. Ces dernières ne peuvent que bénéficier de l’air du temps, qui signe un retour au local, au made in France et aux circuits courts.

La Fédération des races de Bretagne, regroupant onze races rustiques de la région (1), a saisi l’occasion pour organiser une conférence sur le thème « La cohérence d’une ferme en race locale », le 2 mars. Elle s’est appuyée sur l’exemple du Gaec des 7 chemins, propriétaire de Fine. Une installation « atypique », qui a été soutenue par le Crédit agricole, au vu de la personnalité des éleveurs et de leur réflexion technique et économique aboutie. Pierre Fayolle, de Crédit agricole SA, a réaffirmé la volonté de la banque « d’installer tous les types de systèmes au niveau national », reconnaissant que travailler sur des projets « atypiques » obligeait à « des remises en cause salutaires et motivantes ».

Patrimoine génétique

La Fondation du patrimoine, qui œuvre à la préservation du patrimoine rural, du bâti aux races animales, ne peut que s’en féliciter. Pour la cinquième année, elle a récompensé au Sia des éleveurs et associations promoteurs de petites races. La brebis corse sasi ardi, le bœuf réunionnais Moka et le mouton boulonnais des Hauts-de-France ont été primés. La Fondation a décerné un prix d’honneur à l’association Pas bête la fête « pour son action originale et audacieuse en faveur des races locales » via la Fête de la vache nantaise, dont la prochaine édition aura lieu du 7 au 9 septembre 2018.

Elsa Casalegno

(1) Voir le site http://www.races-de-bretagne.fr