L’accès des jeunes au foncier était le thème de la conférence organisée par la Safer du Poitou-Charentes, jeudi 17 septembre, à Poitiers. Et pour les élus, juristes, conseillers Safer et banquier présents, ça ne fait pas un pli : accéder à des terres quand on s’installe, « c’est le parcours du combattant », résume Joël Faugeroux, représentant de la communauté de communes de Vienne et Gartempe.

« On compte beaucoup sur la Safer pour jouer les garde-fous. Mais, dès que des terres agricoles se libèrent et que plusieurs candidats se montrent intéressés, c’est toujours le plus riche qui l’emporte, quel que soit l’avis de la Safer. C’est systématique. »

Chinois & Co

Et « les plus riches » ne sont pas seulement les investisseurs chinois, comme ceux qui ont défrayé la chronique, en 2016, dans l’Indre. « Dans la Vienne, et surtout dans l’Indre-et-Loire, nous avons des céréaliers venus de l’extérieur, avec des moyens, explique Hervé de Monvallier, vice-président du Crédit agricole Touraine Poitou. De ces terres, ils font des jachères, puis petit à petit, ils les exploitent. Mais, aujourd’hui, nous en voyons aussi beaucoup qui essaient de repartir. »

La Safer prône de son côté un contrôle plus efficace du marché du foncier, mais aussi des parts sociales, sans quoi « les exploitations familiales vont être marginalisées, et les porteurs de projets exclus », rappelle Robert Levesque, directeur de Terres d’Europe, le bureau d’études de la FNSafer.

Rosanne Aries