Il y a urgence. Les négociations commerciales annuelles approchent à grands pas et de nombreux accords-cadres laitiers ne sont pas encore signés. « Il faut jouer collectif, sinon le rapport de force ne penchera jamais en faveur des agriculteurs », lance Jean-Baptiste Moreau, député (LREM) de la Creuse, lors des premières assises de la fédération d’organisations de producteurs France OP Lait (FOPL), le 13 octobre.

Soutien des pouvoirs publics

Mais sans les outils nécessaires, le rassemblement ne suffit pas. « Nous avons voulu bien faire avec la loi portant sur l’alimentation, mais force est de constater qu’il y a des failles, reconnaît Martine Leguille-Balloy, députée (LREM) de la Vendée. Les industriels gardent la main sur les volumes et perpétuent les accords de collecte. » Pour corriger cela, l’agroéconomiste Frédéric Courleux vante les mérites d’un système avec transfert de propriété du lait des producteurs aux OP. De son côté, Denis Berranger souhaite que FOPL, qu’il préside, rejoigne la grande famille de l’interprofession laitière. « Le Cniel publie un tableau de bord des indicateurs relatifs au marché et les OP n’en connaissent pas les tenants et aboutissants, déplore-t-il. Les industriels ont une longueur d’avance pendant les négociations. » Si le plan de relance prévoit d’accompagner et de former les OP sur le sujet de la contractualisation, Frédéric Courleux estime que la création d’un délégué interministériel dédié aux OP serait un plus.

À l’échelle européenne, « chaque État membre va établir un plan stratégique national (PSN) dans le cadre de la prochaine Pac, explique Michel Lafont, responsable du pôle économique de la chambre d’agriculture de Normandie. Les OP devraient pouvoir proposer des programmes opérationnels à intégrer au PSN » pour établir et défendre leurs axes de développement, avec un financement à la clé.

A. Courty