«L’esprit des États généraux de l’alimentation (EGA) n’est déjà plus là », s’agace la Fédération nationale des producteurs de lait dans un communiqué publié le 18 avril. Le syndicat pointe du doigt les entreprises laitières « privées comme coopératives », et juge les annonces de prix d’avril « à environ 300 €/1 000 l » comme un « retour dans l’ancien monde, celui d’avant les EGA ».

Car si les stocks européens de poudre maigre continuent de peser sur la paie de lait, la FNPL estime que « leur niveau élevé ne peut expliquer à lui seul, un prix en dessous du minimum vital ». Le syndicat s’en remet à la valorisation du marché domestique, constatant que « certains transformateurs ont décidé de ne pas s’appuyer sur la bonne valorisation de leurs produits sur le marché français ».

Lactalis s’impose

Sur le banc des accusés figure le numéro un mondial du lait, avec qui l’Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (Unell) n’a pas trouvé d’accord sur le prix d’avril. Pourtant, les deux parties s’étaient entendues sur une nouvelle formule depuis le 1er janvier 2018, « basée à 50 % sur les produits de grande consommation (PGC) vendus en France, à 20 % sur le prix allemand et à 30 % sur la valorisation beurre poudre, précise Claude Bonnet, président de l’Unell. Mais en avril, Lactalis opère un retournement complet sur la valorisation des PGC en France. »

L’Unell considère le prix moyen d’avril de 300 €/1000 l annoncé par Lactalis comme « infondé » et dénonce un « passage en force ».

Vincent Guyot