Après avoir auditionné les professionnels de la filière pendant plusieurs mois, la conclusion est sans appel : en dehors des segmentations AOP et IGP, les députés Pascale Boyer (LREM) et Jean-Pierre Vigier (LR) déplorent « une déprise amorcée » de la production laitière de montagne, mettant en danger l’attractivité des régions concernées.

Le 21 juillet, les élus ont présenté treize mesures de relance à la commission des affaires économiques ainsi qu’à la presse, et s’adresseront au ministre de l’Agriculture en octobre, lors du congrès de l’Association nationale des élus de la montagne.

Compenser les surcoûts

La stratégie proposée se décline en trois axes. Le premier concerne la compétitivité des exploitations de montagne, hors appellations d’origine, qui doivent faire face à des surcoûts liés à la topographie du terrain. Les députés demandent une adaptation du cadre fiscal et social en leur faveur, à coup de défiscalisation ou d’aides à l’investissement.

Vient ensuite l’enjeu d’une juste valorisation du lait produit. Les recommandations émises évoquent la labellisation européenne des produits de montagne hors AOP et IGP en tant que « spécialité traditionnelle garantie » (STG). « Reconnaître la mention produits de montagne permettrait de les inclure à la liste des 50 % de produits durables et de qualité devant être servis dans la restauration collective », souligne Pascale Boyer.

Enfin, le dernier axe exploré par les parlementaires concerne l’attractivité des métiers de la filière conventionnelle de montagne. Déploiement de la couverture numérique, formation et accompagnement des jeunes et création d’un observatoire nationale regroupant projets d’installation et foncier disponible sont autant de pistes avancées.

Alexandra Courty