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La génétique animale française entame son virage

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Depuis le 1 © S. CHAMPION

En vigueur depuis le 1er novembre, le règlement zootechnique européen va progressivement modifier l’organisation de la génétique en France, notamment chez les bovins.

«Nous étions jusqu’alors dans un système administré, et nous nous dirigeons vers une organisation contractualisée », résume Stéphane Patin, directeur de Races de France.

Le règlement zootechnique européen (RZE), entré en vigueur le 1er novembre dernier, concerne les reproducteurs de race pure bovins, ovins, caprins, porcins et équidés. « Il a pour principal objectif de parachever la réalisation du marché unique, c’est-à-dire la libre circulation des reproducteurs et de leurs matériels génétiques, ainsi que des services au sein de l’Union européenne », précise le ministère de l’Agriculture. Concrètement, le texte élargit les missions réglementées des organismes de sélection (OS), qui assumeront désormais la responsabilité du contrôle de performances, de l’enregistrement et de la certification de la parenté (pour les ruminants), de même que le calcul et la publication des index officiels (lire encadré ci-contre). Autant d’activités qui pourront être déléguées à des organismes tiers, via une contractualisation.

Ce nouveau cadre va surtout modifier le paysage de la génétique bovine. « Dans les autres espèces, l’organisation de la génétique et les prérogatives des OS étaient pour la plupart RZE compatibles, rapporte Stéphane Patin. Les OS déjà reconnus sous le régime du code rural français ont été considérés comme agréés dès l’entrée en application du RZE, et disposent d’un délai d’un an pour se mettre en conformité avec le texte. »

Certaines entreprises de sélection comptent également saisir l’opportunité de devenir des OS. C’est notamment le cas d’Évolution et de Gènes Diffusion pour les races prim’holstein, normande et charolaise. « Nous souhaitons collaborer avec les associations de race et les OS existants afin de créer les OS version RZE », avance Jean-Yves Dréau, directeur général adjoint d’Évolution.

Du côté de Gènes Diffusion, « nous voulons être maîtres de notre destin et pouvoir déterminer les objectifs de sélection en fonction de la demande de nos adhérents », souligne François Desmons, directeur général. Dès lors, la coexistence au sein d’une même race de plusieurs OS détenant chacun un livre généalogique pourrait se dessiner. « Sur le plan opérationnel, je suis assez sceptique sur l’efficacité d’une telle configuration, reconnaît Albéric Valais, directeur de l’OS Normande. Comment inscrire des animaux dont les ascendants appartiennent à deux livres différents ? »

Beaucoup reste à faire

Concernant les races de moindre effectif, l’existence de plusieurs OS n’est pas à l’ordre du jour. L’heure est en revanche à la mise en place des partenariats nécessaires de manière à répondre aux exigences du RZE. « Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, concède Hervé Vignon, directeur de Simmental France. Nous avons encore une année pour organiser la gestion de l’indexation, et déterminer à quels partenaires nous déléguerons la certification des parentés et le contrôle de performances. » Didier Dupuis, président de l’OS Parthenaise, se montre plus inquiet. « Le RZE rebat les cartes. C’est peut-être une opportunité mais aujourd’hui, c’est surtout un casse-tête. »

Valérie Scarlakens et Vincent Guyot
Schémas de sélection

Contrairement aux objectifs de sélection définis par les OS, les schémas de sélection ne rentrent pas dans le champ du règlement zootechnique européen, et restent à la main des entreprises de sélection.

Le financement de l’indexation bovine en question

Le règlement zootechnique européen (RZE) induit le retrait de l’État dans la mission de calcul des évaluations génétiques officielles (ou indexation), jusqu’alors réalisé par l’Inra.

Depuis le 1er novembre, c’est l’association GenEval, créée en octobre 2017 par Allice (1) et Races de France qui assure ce travail. « Il reste à trouver le modèle économique pour financer l’activité d’indexation, constate Stéphane Patin, directeur de Races de France. L’enjeu est de minimiser l’impact financier pour les éleveurs. » Le budget total estimé oscille entre 1,2 et 1,5 million d’euros par an. « Nous espérons que les pouvoirs publics ne nous laisseront pas en rade, confie Marc Gambarotto, directeur de France Limousin Sélection. Il est possible que des éleveurs ne souhaitent plus d’index s’ils sont payants. » Pour Rémi Biéry, directeur de Prim’holstein France, « Il y a deux façons de financer l’indexation : soit la faire payer directement à la vache, soit l’intégrer dans le coût de l’insémination artificielle. Sur ce sujet, il faudra de toute façon avoir le sens du collectif pour amoindrir les coûts, mais aussi défendre la génétique française à l’échelle européenne et mondiale. »

(1) Union nationale de coopératives de sélection et reproduction.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Offre insuffisante en vaches laitières

Le recul de l’offre s’accentue de semaine en semaine au point que certains abattoirs peinent à faire fonctionner leurs lignes de production en continu. Cela a un impact sur les prix des laitières : les acheteurs sillonnent les campagnes et les éleveurs se retrouvent en position de force pour négocier.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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