Le 29 juillet, les vice-présidents en charge des questions agricoles des Hauts-de-France, du Grand-Est, de la Normandie et de l’Île-de-France se sont ralliés à la CGB (1) pour presser le gouvernement de mettre en place une dérogation pour l’usage des néonicotinoïdes sur les semences de betteraves.

Loi à modifier

« La situation actuelle est dramatique, explique Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France. On est à la veille de perdre un fleuron de notre économie agricole. » « Nombre d’exploitants risquent d’arrêter cette culture, entraînant avec eux l’arrêt de l’industrie du sucre en France », prévient, de son côté, Franck Sander, président de la CGB. Les décisions d’emblavement de colza, de blé et d’orge vont bientôt se faire.

« Au mois de septembre, il sera trop tard, c’est d’ici quinze jours ou trois semaines qu’il faut agir », estime-t-il. L’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes est issue d’une réglementation européenne qui laisse la possibilité de dérogations nationales. Douze pays producteurs européens l’ont demandée et obtenue. Ce qui n’est pas le cas de la France.

« On ne demande pas un retour aux néonicotinoïdes, mais une dérogation […] pour permettre à la recherche de trouver une solution », explique Franck Sander. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, a précisé devant les députés qu’aucune dérogation n’est juridiquement possible sans « modifier la loi ». Pour le court terme, il a affirmé qu’il travaillait à un soutien financier.

Renaud d’Hardivilliers

(1) Confédération générale des planteurs de betteraves.