Deux ans après sa création, où en est le syndicat France OP Lait (FOPL) ?

Denis Berranger : Nous regroupons 20 organisations de producteurs (OP), soit un tiers des OP françaises. Cela représente un volume de 3 milliards de litres de lait, livrés par 6 500 producteurs. Nous ne comptons pas nous arrêter là et invitons toutes les OP à rejoindre le mouvement. Celles qui concernent les laits de chèvre et de brebis sont aussi les bienvenues.

Jean-Michel Yvard : L’ambition de FOPL reste intacte. Certaines problématiques sont communes à l’ensemble des OP et gagnent à être exprimées d’une même voix auprès des instances de la filière et des pouvoirs publics.

Peut-on espérer la signature des accords-cadres manquant d’ici la fin d’année ?

D.B. : En avril, FOPL a déposé une saisine collective pour dénoncer le comportement abusif d’industriels pendant la crise du Covid-19. Certains sont passés en force sur le prix du lait et ont différé les négociations sur les formules de prix. Sept ou huit OP ont suivi notre action, mais aucun accord-cadre n’en a encore découlé.

J-M. Y. : Le médiateur des relations commerciales a annoncé une date butoir au 1er décembre pour la signature des contrats laitiers post-loi Egalim. Des sanctions sont envisagées. Les pouvoirs publics se doivent d’intervenir, au nom de l’équilibre des relations commerciales.

La publication des indicateurs de marché du Cniel n’a pas dénoué la situation ?

J-M. Y. : L’indicateur interprofessionnel du coût de production n’a pas été discuté avec les OP. Il amène un biais dans les discussions sur les formules de prix. Les industriels négocient sur leur marge et nous devons faire de même. Nous n’abaissons pas nos coûts de production pour que le lait soit moins bien payé en retour.

D.B. : Les indicateurs sur le marché européen et à l’international posent également problème. Les industriels font front commun sur des indicateurs comme le prix du lait allemand. Mais est-il révélateur des débouchés à l’export ? Si des industriels comme Lactalis et Savencia développent certaines marques à l’international, ce n’est pas pour les valoriser au prix beurre-poudre.

Propos recueillis par A. Courty et V. Guyot