Depuis le début du confinement, nombreux sont les producteurs à rechercher de nouveaux circuits pour écouler leur stock. Cela se traduit-il dans votre activité ?

En trois semaines, nos demandes d’expédition par Chronofresh ont explosé. Nous enregistrons 150 à 200 % de croissance par rapport à la semaine qui a précédé le confinement. Sur une semaine normale, nous transportons en moyenne 45 000 colis, aujourd’hui, nous en sommes à 85 000. Depuis 2015, Chronopostfood propose la livraison express, sous température dirigée (entre 0 et 4 °C et – 18 °C) de produits alimentaires. En 2019, nous avons livré plus de deux millions de colis. C’est un service qui fonctionne très bien. Mais nous n’avions jamais connu une telle activité durant cette période de l’année.

Quels professionnels ont recours à Chronofresh ?

En temps normal, nous comptons les producteurs, les grossistes, les industriels de l’agroalimentaire, la grande distribution et les e-commerçants. Nous permettons ainsi à certaines restaurations, comme à la grande distribution, de se sourcer directement au producteur. Depuis le début du confinement, les restaurateurs ont tout stoppé, mais d’autres enregistrent une forte croissance. Les boxes alimentaires, les paniers recettes et les plats préparés marchent très bien, les plateformes également, comme « Pourdebon » en lien direct avec les agriculteurs. Et les producteurs eux-mêmes, qui ont basculé vers la vente aux particuliers, connaissent une très forte demande.

Face à la recrudescence de la demande et les gestes barrières, avez-vous adapté le service ?

C’est un challenge au quotidien. Nous sommes l’un des seuls transporteurs en France à avoir maintenu notre activité. Afin que nos chauffeurs se reposent, nous avons limité nos livraisons du lundi au vendredi, et mis en place un service sans contact. Nos livraisons sont garanties partout en France sous 48 h.

Pensez-vous que l’activité va se maintenir à ce niveau ?

C’est difficile de savoir. La demande va forcément diminuer. Nos nouveaux clients, ceux par exemple qui travaillaient avec la restauration collective et qui ont basculé vers de la vente aux particuliers, retourneront probablement sur les canaux classiques. Nous pensons cependant que quelques-uns continueront à écouler une partie de leur stock avec Chronofresh. Ils ont essayé, ça leur a convenu, ils pourraient poursuivre en partie.

Propos recueillis par Rosanne Aries