Où en est le projet des bassines ?

D’un point de vue réglementaire, notre dossier a passé presque toutes les étapes de l’instruction. Ce sont les associations qui bloquent le projet. L’intervention d’experts mandatés par la préfète récemment a, cependant, apaisé le dialogue. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles propositions en vue de la prochaine réunion fixée, au 19 novembre.

Pourquoi cette opposition ?

On nous demande d’être des exploitants exemplaires. Nous, ce qu’on répond, c’est : « Laissez-nous démarrer et prouver que ça fonctionne. » Les associations ne mesurent pas les risques en cas d’échec : les 230 exploitations du territoire des retenues qui en dépendent pourraient se trouver en grande difficulté.

La fusion des régions a-t-elle changé le jeu politique ?

Nous avons plus d’écoute qu’auparavant, mais c’est bien à ce niveau de décision que les choses bloquent. Le conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine nous demande de signer un protocole d’accord avec les associations avant de débloquer son cofinancement. La prochaine réunion du 19 novembre sera décisive.

En Pays de Loire, les retenues se développent plusfacilement, comment expliquez-vous cette différence ?

Dans cette région, les retenues sont gérées par un syndicat mixte. La profession agricole, le département et le syndicat d’eau travaillent donc ensemble depuis longtemps. Dans les Deux-Sèvres, comme le conseil départemental avait abandonné le projet, les agriculteurs ont monté une coopérative, la Coop de l’eau. Or, parce que les retenues sont portées par cette structure, l’opposition les considère comme des projets uniquement agricoles.

Les retenues seront-elles un sujet de la campagnedes chambres ?

Au niveau syndical, seules la FNSEA et les JA se sont prononcés sur les Bassines. La Confédération paysanne veut ajouter des conditions, et la Coordination rurale ne s’est pas positionnée. Mais les vrais enjeux pour notre département se trouvent dans le renouvellement des générations et la durabilité des exploitations, les retenues ne sont qu’un outil au service de ces enjeux.

Ivan Logvenoff