Pourquoi vous intéresser à l’agroécologie ?

Bruno Lebon : La qualité des aliments est, de plus en plus, un point majeur de préoccupation des clients. C’est une attente forte des consommateurs, mais aussi un élément de différenciation par rapport aux autres enseignes. Il nous faut des bons produits et, donc, de bons producteurs. Dans ce cadre, le développement de l’agroécologie est pour nous un vrai projet d’entreprise.

Comment cela se traduit-il ?

B. L. : Cet élan vise d’abord nos Filières Qualité, avec un travail sur plusieurs leviers : réduction ou arrêt des pesticides et des antibiotiques, respect du bien-être animal, de la biodiversité… Le but du forum, que nous organisons avec 150 fournisseurs et producteurs, est de faire un point étape, d’échanger sur nos pratiques et de voir comment mettre en place ces solutions à une plus grande échelle.

De telles démarches sont-elles compatibles avec la distribution de masse ?

B. L. : Nous le pensons. Nous refusons de rester dans un marché de niche. L’esprit des filières, c’est de faire de gros volumes. Nous avons déjà, par exemple, 96 produits sous Filières Qualité. En bœuf, cela représente 60 % des volumes, et près de 80 % en porc. Et nous avons dépassé le million de poulets sans antibiotiques vendus par an, ce qui les met en tête des ventes MDD [marque de distributeur, NDLR].

Quel impact pour vos fournisseurs ?

B. L. : Cela implique, à un moment, une prise de risque et des investissements. C’est durant cette période de changement que nous devons avancer ensemble. Il s’agit de mettre en place une méthode de coconstruction avec nos partenaires. Nous avons déjà simplifié des cahiers des charges, ou encore travaillé sur une optimisation des chaînes logistiques ou des audits, afin de réduire les coûts. Cela nécessite également des relations contractuelles sur le long terme. Nous avons allongé la durée de tous nos contrats filières à trois ans et nous nous engageons dans de nombreuses filières sur des prix de campagne.

Propos recueillis par Alain Cardinaux