Le 13 mai, le Parlement européen a adopté le règlement sur la réutilisation des eaux usées. Qu’implique-t-il ?

La nouvelle loi définit des normes minimales de qualité pour l’eau recyclée destinée à l’irrigation agricole. Elle prévoit également des obligations pour les opérateurs de production, de distribution et de stockage, ainsi que des mesures de gestion des risques. L’eau récupérée, c’est-à-dire les eaux usées urbaines qui ont été traitées dans une usine de recyclage, sera utilisée pour irriguer les cultures vivrières, les cultures alimentaires transformées et les cultures non vivrières. La Commission devra évaluer, dans un délai de cinq ans, si l’eau recyclée peut servir à d’autres usages.

Quel est l’enjeu pour l’Europe ?

Ce texte vise à atténuer les pénuries d’eau dans l’UE. L’Europe n’est pas un continent aride, mais près de 18 % du territoire européen a été touché par un manque d’eau l’été passé. Outre les pollutions et le réchauffement climatique, le gaspillage pose aussi un problème. On estime à environ un tiers le volume d’eau disponible gaspillé en Europe. Si rien n’est fait, la consommation d’eau par les citoyens, mais aussi les secteurs industriel et agricole, devrait augmenter de 16 % d’ici à 2030. Il est indispensable de permettre de réutiliser les eaux usées recyclées pour l’irrigation agricole, tout en garantissant sa qualité sanitaire.

Y a-t-il un risque de contamination au coronavirus ?

Des chercheurs ont trouvé des traces de coronavirus dans les eaux usées, qui proviennent de selles de malades. Des tests sont menés, mais à l’heure actuelle, chaque pays fait comme il l’entend. On étudie la possibilité de transformer nos égouts en sentinelle sanitaire, comme Israël l’a fait pour la polio. Certains scientifiques appellent d’ailleurs l’OMS à envisager un réseau de surveillance des eaux usées, qui pourrait servir à suivre l’évolution du Covid-19 mais aussi d’autres maladies, en particulier dans les pays qui ne disposent pas des moyens de tester la population à grande échelle.

Propos recueillis par Justine Papin

(1) Vice-président du groupe de l’Alliance progressiste­ des socialistes et démocrates.