Selon l’enquête que vous avez menée auprès de 34 coopératives laitières, seul un coopérateur sur trois assiste aux réunions. Comment y remédier ?

Chez Coop de France Métiers du lait, nous avons engagé une réflexion afin de faire participer davantage les associés coopérateurs dans le processus de décisions de leurs coopératives.

Cela passe par une proximité accrue et une meilleure communication. L’échange physique doit être développé entre l’adhérent et l’administrateur, de façon à ce que la feuille de route stratégique soit comprise et partagée. Cela fonctionne très bien dans certaines coopératives, il faut s’en inspirer.

Le gouvernement prendra, dans les prochains mois, plusieurs ordonnances pour modifier le cadre réglementaire des coopératives. Des solutions peuvent-elles également en découler ?

Les coopératives laitières sont déjà engagées dans une démarche de progrès. Elles n’ont pas attendu ces ordonnances qui se contenteront de répondre à des épiphénomènes. Le gouvernement a cédé au populisme en écoutant ceux qui se plaignaient le plus fort.

Une partie des associés coopérateurs ressentent pourtant un sentiment de défiance envers leur laiterie…

La crise du secteur sur les quatre dernières années l’explique en grande partie. Lorsque les producteurs rencontrent un problème de rémunération, ils se tournent légitimement vers leur collecteur. Les coopératives doivent être capables d’expliquer qu’au-delà du prix du lait, il existe aussi la rémunération des parts sociales et le partage du résultat.

Qu’attendez-vous des négociations commerciales avec les distributeurs ?

Nous souhaitons que le marché intérieur rémunère a minima les coûts de production des exploitations. Je ne sais pas si nous y parviendrons en une année, mais nous devons profiter de cette période de sortie des États généraux de l’alimentation pour aller chercher de la valeur. Il ne faut pas gâcher cette occasion.

Propos recueillis par Alexis Marcotte et Vincent Guyot