L’automne est éprouvant pour les nerfs des agriculteurs, qui doivent s’armer de patience pour pénétrer dans les champs détrempés par les pluies incessantes depuis la fin septembre. Ils sont nombreux à raconter leur galère sur les réseaux sociaux avec des photos et des vidéos montrant des ornières impressionnantes, des automotrices à betteraves dans l’eau, des buttes de pommes de terre noyées, des moissonneuses à maïs et des semoirs à céréales dans la boue…

Débits de chantiers allongés

Les débits de chantiers sont allongés, la consommation de gazole explose. Sans compter les sols matraqués par le passage des engins dans les parcelles très humides. « Je ne vais pas avoir une structure de sol idéale pour atteindre un potentiel normal en blé », s’inquiète déjà Florent Guilloteau, céréalier à Chaussy, dans le Loiret.

Les semis de blé ont pris du retard et s’effectuent en conditions très collantes. Certains exploitants se sont résignés à ressortir la charrue quand d’autres, la plupart en agriculture de conservation des sols (ACS), continuent de faire sans, grâce aux couverts. « Cependant, cela reste plutôt compliqué », convient Denis Laizé, agriculteur dans le Maine-et-Loire.

Isabelle Escoffier

Nombreuses sont les parcelles où les engins de récolte ont laissé d’importantes ornières. Il est compliqué de travailler ensuite derrière (ici, dans les Hauts-de-France). © François Doisy
Changement de programme : initialement prévu en ensilage, le couvert d’avoine-vesce-trèfle d’Alexandrie, semé en direct le 4 août, est paturé par les vaches de Paul Champouillon, exploitant en agriculture de conservation à Roville-devant-Bayon (Meurthe-et-Moselle). Objectif : éviter le matraquage des sols. Avantage : gain d’un mois de bilan fourrager. © P. Champouillon
Il a plu 400 mm depuis la fin de septembre à Sulniac (Morbihan) où exploite Vincent Luherne. La récolte de maïs vient de finir, non sans mal. Il était temps, certains épis commençaient à germer. Les terrains sont tassés et il reste à finir de semer les blés derrière. © V. Luherne
Denis Laizé, agriculteur à La Bohalle (Maine-et-Loire), a semé ses blés en semis direct. « Ce n’est quand même pas l’idéal car de l’eau risque de rester dans les sillons », s’inquiète-t-il. © D. Laizé
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