Servir de déversoir en cas de crues pour protéger les grandes villes en aval : d’accord. « On protège les populations, c’est normal… Mais on attend d’être indemnisés pour ce service », s’impatiente Joël Hospital, qui siégeait pour la FNSEA à la commission mixte inondations du 7 février. « Cela fait trois ans qu’on y travaille sans avancer. » Certes, le monde agricole est enfin reconnu dans les programmes d’action de prévention des inondations (Papi). La troisième génération de Papi, en vigueur depuis le 1er janvier, rend obligatoire la concertation avec le monde agricole et l’élaboration d’un protocole d’indemnisation pour les parcelles utilisées comme champs d’expansion des crues. « Mais il n’y a des Papi que là où les collectivités ont la volonté – et les moyens financiers – d’en mettre en place, regrette l’élu. Et en attendant ces Papi 3, que fait-on pour les inondations de 2018 ? Qu’a-t-on fait en 2016 ? » Actuellement dans son département de l’Aube, il évoque « 20 % des cultures mortes » et un retour dans les parcelles touchées pas avant la mi-avril. Et l’épisode n’est pas fini : « Avec des lacs pleins à ras bord, il peut y avoir encore de l’eau relarguée… »

B. L.