Deux fois à l’agenda du comité européen compétent depuis mars, la réapprobation du glyphosate n’a finalement pas été votée, faute de majorité présumée au sein des États membres. Sans conclusion univoque de la part des scientifiques, qui croire ? Le flou est d’autant plus grand qu’industriels, organisations environnementalistes, syndicats agricoles et opinion publique se sont engouffrés dans la brèche.

Les différentes autorités sanitaires aboutissent à des expertises divergentes. Oui, mais elles ne partent pas non plus du même point. Si le Circ (1) évalue le danger, l’Efsa (2) et le JMPR (3) se sont intéressés au risque lié à son utilisation ou à son ingestion. En outre, le Circ se base sur des études publiées, et l’Efsa sur des études publiées ou privées qui satisfont au critère « bonnes pratiques de laboratoire ». Dernier point, l’Efsa n’a considéré que le glyphosate pur, alors que le Circ a pris également en compte le glyphosate formulé. Là interviennent les coformulants, ingrédients qui perfectionnent l’efficacité des produits phytosanitaires. Leur toxicité est mal connue, mais ajoutés au glyphosate, ils accroîtraient sa toxicité. Ils font actuellement l’objet d’études menées par l’Anses (4). Mais le temps presse. L’autorisation du glyphosate sur le marché européen arrive à échéance le 30 juin 2016. La Commission a proposé un allongement d’un à deux ans de l’autorisation aux États membres, qui devaient statuer cette semaine

(1) Centre international de recherche sur le cancer.

(2) Autorité européenne de la sécurité des aliments.

(3) Joint Meeting on Pesticide Residues.

(4) Agence nationale de sécurité sanitaire (France).

Par Ana Cassigneul