Et rebelote. Comme l’année dernière, la Commission européenne s’apprête à mettre le renouvellement du glyphosate à l’ordre du jour des discussions avec les États membres. Ce sera après le mois de juin, quand l’Echa (Agence européenne des produits chimiques) lui rendra officiellement son avis stipulant que l’herbicide n’est pas cancérigène. Et la position de la Commission est déjà connue. Désormais, forte de ce second avis favorable d’une agence européenne, elle proposera son renouvellement pour dix ans.

Cependant, la donne a changé du côté des « contre ». Les éléments ayant servi aux évaluations du glyphosate, en partie secrets et provenant des fabricants eux-mêmes, sont toujours critiqués. D’autant que des documents déclassifiés par la justice américaine (les « Monsanto papers ») dévoileraient que Monsanto s’inquiétait du potentiel mutagène de l’herbicide dès 1999. Cette affaire est l’occasion de nouvelles réclamations des eurodéputés : elle sera au menu d’un débat au Parlement européen à la mi-juin, et elle pourrait faire l’objet, dans la foulée, d’une enquête parlementaire.

Ana Cassigneul