En conférence le 18 janvier, Laurent Grandin, président d’Interfel (1), a fait état d’un « décrochage » de la consommation des fruits et légumes bio, avec une baisse de 10 % en volume sur un an à fin octobre 2021. « Nous avons alerté le ministère de l’Agriculture l’année dernière sur le fait que l’offre est très soutenue, sans se préoccuper de la demande. On est en train d’envoyer des producteurs dans le mur », déplore-t-il.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce recul, comme la pression sur les budgets. « La part des consommateurs qui avait été gagnée sur les classes moyennes, notamment dans la grande distribution, s’est rétractée », analyse Laurent Grandin. Il évoque, par ailleurs, un problème « d’identité du bio » : « le local », le « sans pesticides », et autres enjeux sociétaux qui aujourd’hui interpellent n’ont pas, ou insuffisamment, été pris en compte », estime-t-il.

Selon lui, la loi Egalim « ne sauvera pas » le bio, les 20 % obligatoires en restauration collective ne représentant qu’un faible volume.

J. Papin

(1) Interprofession des fruits et légumes frais.