«En blé tendre, le taux d’utilisation de semences fermières est passé de 54 % en 2016 à 60 % en 2017, après enquête auprès de trieurs à façon et d’agriculteurs, a annoncé Philippe Ribault, président de la CNDSF (1). La tendance haussière s’explique par un contexte économique des exploitations de plus en plus difficile, notamment en zone intermédiaire », a-t-il expliqué lors du Salon de l’agriculture. Autre avantage, « avec le froid actuel, des dégâts seront sûrement constatés sur blés tendre et dur. Un ressemis sera peut-être nécessaire et, dans ces cas où il n’y aura pas assez de semences certifiées disponibles, les semences fermières répondront présentes », se félicite Philippe Ribault.

Haro sur le Gnis

Par ailleurs, la CNDSF dénonce le fonctionnement du Gnis : « Les agriculteurs multiplicateurs de semences fermières et les trieurs à façon n’ont aucune possibilité de s’exprimer dans cette interprofession qui a choisi de les exclure. » Le syndicat regrette également que « des innovations comme les mélanges variétaux, qui permettent de réduire l’usage des phytos et qui rencontrent un vif succès, soient donc ignorées par le Gnis ».

Florence Mélix

(1) Coordination nationale de défense de la semence fermière qui regroupe la Confédération paysanne, la Coordination rurale, le Mouvement de la défense des exploitants familiaux (Modef) et le Syndicat des trieurs à façon français.