Quelles sont les personnes qui s’engagent en agriculture urbaine ? Sur quel modèle économique s’appuient-ils ? Et, sans production alimentaire, peut-on encore parler d’agriculture ? C’est à ces questions que l’enquête lancée par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (Afaup) tente de répondre.

Modèle coopératif ou franchisé

Mené en partenariat avec Sciences Po et des acteurs du monde agricole (JA, Driaaf, MSA et les chambres d’agriculture), ce travail a aussi pour but de concilier l’agriculture dite classique avec celle appelée urbaine. « Il est fondamental de s’entendre et de bien se structurer, explique Anne-Cécile Daniel, de l’Afaup. Personne ne doit rater le coche. Les premiers résultats nous montrent que de nombreux porteurs de projets sont en reconversion professionnelle. Au départ, ils sont bénévoles ou expérimentent chez eux une idée, qui, une fois mature, donne lieu à un modèle économique qui ne va cesser ensuite d’évoluer, suivant les opportunités financières. »

Au sein de l’association, qui compte 80 membres, pas deux structures ne présentent en effet le même modèle. « Ainsi, même si 75 % de nos adhérents ont une production agricole, l’importance de cette activité varie d’une structure à l’autre, ajoute-t-elle. Certains s’appuient, par ailleurs, sur des modèles collaboratifs, d’autres de franchise. » Et les porteurs de projets développent leur propre système d’installation. Seul Théophile Champagnat, producteur de champignons et d’endives sur d’anciens parkings, a obtenu la dotation jeunes agriculteurs.

« Les investisseurs veulent y croire, affirme Anne-Cécile Daniel. Ces profils sont suivis avec attention. Il ne faut pas oublier qu’ils sont issus d’écoles diverses : commerce, marketing, informatique, finance, etc. Durant leur parcours, ils ont acquis des notions qui ne sont pas abordées en formation agricole. »

Les résultats finaux de l’enquête paraîtront d’ici à la fin de l’année.

Rosanne Aries