À deux semaines des élections aux chambres d’agriculture, l’association française des journalistes agricoles (Afja) a organisé, mercredi 19 décembre 2018, un débat en présence des représentants des cinq syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne, et Modef). Ils ont réaffirmé à cette occasion leurs convictions, tantôt convergentes, tantôt divergentes, sur le rôle des chambres d’agriculture, la réforme de la Pac, la loi issue des États généraux de l’alimentation, la transition agricole…

Les relations du monde paysan avec la société, et en particulier le phénomène « d’agribashing », étaient aussi au cœur des discussions. Pour Bernard Lannes, président de la CR, « c’est un business de marchands de peur. Il faut savoir y répondre avec humour, comme quand nous avions sorti notre slogan : "Pour sauver un paysan, mange un vegan." Mais en restant droit dans nos bottes et en rappelant à la société qu’elle est en train de tuer ceux qui la nourrissent… »

La FNSEA a souhaité régler ses comptes sur le sujet. « Face à un déchaînement de violence inacceptable, nous avons une responsabilité collective de ne pas en rajouter. Dire qu’il y a des affreux productivistes qui polluent, c’est nul et caricatural », a lancé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Visé, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, assume la stratégie de son syndicat : « Les excès d’une minorité, comme la ferme des mille vaches, font du mal à tout le monde. Ce sont ces fermes usines qui nous font prêter le flanc à l’agribashing. » Pour lui, les exploitants doivent être les premiers à réagir et « faire le ménage » contre « les dérives qui embarquent l’agriculture vers un système industriel à la merci de l’agroalimentaire ».

« Ce n’est peut-être pas la meilleure période pour s’entendre entre syndicats, mais c’est ensemble qu’on doit s’opposer à tout ça, a tenté de réconcilier Jérémy Decerle, président de JA, invitant à « redoubler d’efforts au niveau juridique » contre les Greenpeace et autres L 214. « Ils ne doivent plus avoir pignon sur rue ! »

Alain Cardinaux