Le 20 avril, UFC-Que Choisir révélait les résultats de son étude sur la qualité de l’eau du robinet, basée sur les relevés des ARS (1) : un million de Français reçoivent toujours une eau non conforme. Principale cause de contamination ? Les pollutions agricoles. « 450 000 consommateurs boivent une eau dépassant les normes maximales en pesticides », indique l’association. L’UIPP (2) a réagi le lendemain en invitant à « ne pas confondre présence et risque ».

Alors, que signifient exactement ces normes ? La limite de qualité pour chaque substance de pesticides est fixée par l’arrêté du 11 janvier 2007 à 0,1 µg/l, et à 0,5 µg/l pour le total des pesticides quantifiés. Dans son bilan de décembre 2020, la DGS (3) précise que « ces limites ne sont pas fondées sur une approche toxicologique, et n’ont donc pas de signification sanitaire ». Seul un dépassement de la valeur sanitaire maximale, Vmax, établie pour chaque substance par l’Anses (4), conduit à des restrictions de consommation. Selon l’UIPP, 9 000 personnes en métropole, soit 0,01 % de la population, ont connu en 2018 cette situation en raison de la présence de résidus de pesticides.

Tandis qu’UFC-Que Choisir s’est associée à l’ONG Générations futures pour lancer une pétition « pour une eau du robinet garantie sans pesticides », Eugénia Pommaret, directrice de l’UIPP, juge leur message « tronqué et de nature à faire peur, alors que les résultats sur la qualité de l’eau ne cessent de s’améliorer ». Ce qu’UFC-Que Choisir concède dans son rapport : « 98 % des consommateurs français ont eu accès à une eau conforme à la totalité des critères sanitaires, soit une progression de 2 points par rapport à la précédente étude de 2017. »

Y aurait-il donc un décalage entre les chiffres et le « ton préoccupant » de leur communication ? C’est ce que pense Eugénia Pommaret, qui s’étonne que « cette même association dénonçait dans un article, en juin 2020, l’attitude alarmiste de Générations futures dans son rapport sur la présence de pesticides dans l’eau, et appelait à prendre du recul sur les données ».

(1) Agences régionales de santé. (2) Union des industries de la protection des plantes. (3) Direction générale de la santé. (4) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

par Justine Papin