Le sujet sensible de l’indemnisation des dégâts de grand gibier a monopolisé l’assemblée générale de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le 23 octobre. Willy Schraen, président de la FNC, a estimé que le réseau des fédérations de chasse était arrivé à « un point de non-retour financier ». Même s’il a admis que les chasseurs ont favorisé le développement des san-gliers, il a déclaré qu’ils ne sont pas les seuls responsables.

Pour lui, la prolifération des bêtes noires s’explique par la fructification forestière, l’explosion de la taille du parcellaire de maïs, la présence perpétuelle de couverts et, surtout, le fait que « près de 30 % du territoire ne soit pas chassé ». Il appelle à une responsabilité financière élargie à d’autres acteurs.

Renouerle dialogue

Les représentants des syndicats agricoles, le ministre de l’Agriculture, ainsi que la secrétaire d’État à la Transition écologique sont intervenus pour dresser un état des lieux .

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a annoncé qu’elle souhaitait rencontrer la FNC dans les prochains mois pour conclure un « contrat d’entraide ». Il prévoirait une entente pour renforcer les moyens de gestion et de régulation des populations de gibier et de mettre en place des projets pour favoriser la biodiversité.

La Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne ont défendu, chacune de leur côté, l’interdiction de l’agrainage. « Pour nous, paysans, on ne peut pas accepter les dégâts, mais si l’on sent une vraie volonté des chasseurs de réduire les populations, on peut travailler ensemble », a précisé Jean-Michel Granjon, de la Confédération paysanne. Pour la CR, « l’essentiel est de définir un seuil de population acceptable », selon Lydie Deneuville, vice-présidente du syndicat. La FNC se félicite de cette assemblée générale « marquée par un vrai dialogue, franc, direct et sincère avec les organisations agricoles, ce qui est sans doute une grande première ».

Suzie Terrier