Pressée de toutes parts de réagir vite pour stabiliser les marchés, la Commission européenne a dévoilé, le 22 avril, un nouveau paquet de mesures.

Une aide au stockage privé est proposée pour les produits laitiers et les viandes bovine, ovine et caprine. Les produits seront retirés du marché durant 2 à 3 mois au minimum, 5 à 6 mois au maximum. Une souplesse dans l’utilisation des fonds des programmes sectoriels (vin, miel, fruits et légumes, huile d’olive, distribution de lait ou fruits dans les écoles) permettra de réorienter l’argent encore disponible vers les priorités du moment. Enfin, l’activation très attendue de l’article 222 du règlement sur l’organisation commune des marchés permettra de déroger aux règles de concurrence européennes. Pendant six mois maximum, les opérateurs pourront ainsi s’organiser entre eux, par exemple pour planifier collectivement la production de lait.

Des filières de côté

Les mesures qui ont été annoncées par Bruxelles ne comblent toutefois pas toutes les attentes. Certaines filières pourtant lourdement impactées par la crise sont laissées de côté, comme le secteur avicole, qui réclame, lui aussi, des aides au stockage privé.

L’efficacité des mesures dévoilées pourrait aussi être limitée, faute de budget - quelques jours plus tôt, le commissaire à l’Agriculture déplorait devant les eurodéputés l’absence de moyens financiers pour soutenir les marchés. Par ailleurs, la possibilité offerte aux opérateurs de s’organiser entre eux est nécessaire mais insuffisante, selon la Coordination rurale et la Confédération paysanne, qui réclament la mise en place du programme de responsabilité face au marché, afin de réduire la production laitière de façon solidaire - et obligatoire - dans toute l’Europe.

Une régulation des importations est aussi demandée par une partie de la profession.

Les États membres devaient se prononcer avant le 30 avril sur ces mesures, qui seraient immédiatement applicables.

B. Lafeuille