«Le sol est ce qui capte le plus le carbone sur notre planète après la mer, beaucoup plus que ne le fait la forêt. Et pour autant, on a réussi à créer des dispositifs de compensation carbone qui ont permis de créer de la valeur en faisant des crédits carbone forestiers ou de l’agro­foresterie, et on ne l’a pas fait pour la captation de carbone dans le sol. » C’est ce qu’a défendu Julien Denormandie le 18 février lors du colloque de La Coopération agricole, consacré au thème « zéro émission nette ». « La forêt a mangé le sol. Il faut qu’il redevienne le puits de carbone et que ça soit valorisé ainsi », a-t-il ajouté.

Rémunérer la captation

Le ministre préfère militer pour le « vo­lontarisme collégial » plutôt qu’au recours à la contrainte et à la subvention afin d’inciter les agriculteurs à adopter des pratiques culturales favorables à la captation du carbone. Comment ? En transformant ces pratiques « en crédits carbone valorisés sur des marchés qu’ils soient obligatoires ou volontaires. Il y a un gros travail à faire avec le monde agricole pour créer ces crédits carbone. Pour ça, on a fait une grosse avancée avec le label bas carbone qu’on vient de finaliser avec différentes méthodologies. »

Julien Denormandie compte aussi saisir au vol les compagnies aériennes. « Dans le projet de loi Convention citoyenne pour le climat, les compagnies aériennes de­vront compenser en carbone leurs émissions. Et quand on en parle, c’est toujours le même réflexe : est-ce que ces compagnies vont financer l’implantation de forêts ?, a constaté le ministre. Ce dont j’ai envie, c’est que ces compagnies puissent venir financer des pratiques culturales qui sont les nôtres et qui viennent capter du CO2 dans le sol. »

Alexis Marcotte