«En pleines négociations commerciales à l’aval (lire p. 16), les éleveurs de porcs sont pris en tenailles avec la flambée du prix des matières premières », alerte la Fédération nationale porcine (FNP), dans un communiqué publié le 24 février. Le syndicat estime que l’indice du coût des matières premières utilisées pour alimenter les porcs a progressé de « 16 % en deux mois », passant de « 245 à 285 € la tonne », selon les chiffres de l’Insee, et que « tout laisse craindre que cela continue ». Une situation que les industriels et la grande distri­bution « semblent toujours refuser de prendre en compte », s’agace la FNP. « Si les négociations commer­ciales continuent comme ça, on va finir en déflation », estime Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Dans la même veine, la Confédération française de l’aviculture (CFA) considère que « le comportement des distributeurs est inacceptable et met en péril les élevages ».

« Un centime par œuf »

Le groupe Carrefour est notamment montré du doigt, accusé par la CFA d’être « dernier de la classe en matière de rémunération des éleveurs ». À l’appel du syndicalisme majo­ritaire et de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), une manifestation de producteurs s’est tenue le 25 février, devant un établissement Carrefour à Rennes. Pour couvrir le coût de l’aliment, les éleveurs ont avancé la nécessité d’augmenter le prix de l’œuf d’un centime. « Cette augmentation représente en moyenne 2,20 euros par an et par Français », ont-ils expliqué.

E.R. et V. G.