Alors que le ciel de Vannes s’était paré de gris le 6 décembre, son palais des congrès avait revêtu l’habit jaune. Point de gilet, mais des affiches, banderoles et drapeaux aux couleurs de la Coordination rurale (CR). Réuni en congrès, le syndicat y a lancé sa campagne aux élections des représentants des chambres d’agriculture de janvier, non sans ambition.

« Contre la co-gestion assumée »

« Pour mettre en place nos idées, nous voulons devenir le premier syndicat de France », a déclaré Bernard Lannes, face à près de 500 congressistes. Le président de la CR veut mettre fin à la « cogestion assumée de la FNSEA avec les gouvernements successifs ». Quelques heures avant de se présenter au pupitre, l’exploitant du Gers partageait un discours plus nuancé et sans doute davantage réaliste. « Nous visons au moins dix chambres, celles que nous avions ratées de peu la dernière fois. » En 2013, le syndicat était arrivé deuxième au niveau national, et avait remporté quatre chambres (dont celle du Puy-de-Dôme, où une liste commune avec la Confédération paysanne avait été menée).

Porter une voix européenne

Reconnaissant qu’elle a du mal à influer en matière de politiques européennes, thème central de son congrès, la CR compte sur ces élections pour surtout peser dans les différentes instances. Véronique Le Floc’h, secrétaire générale du syndicat, espère que les résultats leur permettront de placer davantage de leurs membres au sein de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Une percée qui pourrait rendre le syndicat « audible au niveau européen ». Alors que les négociations sur la Pac devraient trouver leur terme après les élections européennes de mai prochain, le moment serait effectivement opportun.

Alexis Marcotte