En 2015-2016, au cœur de la crise laitière, les profits remontés de Lactalis vers les filiales européennes du groupe - plus de deux milliards d’euros - prouvent un « enrichissement au détriment de la rémunération des producteurs », selon la Confédération paysanne, qui calcule que « cela correspond à une année entière de paiement du lait à 40 centimes le litre pour l’ensemble des producteurs Lactalis en France »…

Cette somme aurait aussi échappé au fisc, selon le syndicat, qui soupçonne l’industriel de fraude fiscale. Après avoir porté plainte en 2015 contre lui pour « extorsion », puis manifesté en février 2018 pour exiger la publication de ses comptes, la Conf’ a collaboré avec un expert des montages financiers pour mener une enquête approfondie. Car si la maison mère, à Laval, a fini par publier ses comptes, le géant laitier ne lève pas le voile sur les très importants flux financiers entre ses filiales. La Conf’ a donc annoncé le 9 janvier avoir saisi le parquet financier afin « qu’il enquête en toute indépendance pour faire la lumière sur les circuits d’évasion fiscale suivis par la firme ». Un combat « essentiel car l’argent mobilisé par Lactalis dans les montages d’évasion fiscale lui permet de conforter sa position dominante », juge le syndicat.

B. Lafeuille