Coup de tonnerre dans le monde des céréales. Le groupe InVivo, union française de 192 coopératives agricoles, a annoncé, le 13 janvier, être entré « en négociations exclusives » en vue de l’acquisition de 100 % du capital du groupe familial agroalimentaire Soufflet, premier négociant de France, basé dans l’Aube. Ce rapprochement pourrait être finalisé avant la fin 2021, sous réserve du feu vert des autorités compétentes en matière de contrôle de concentrations.

Mastodonte

Les deux groupes y voient l’opportunité de créer « un champion français agricole et agroalimentaire d’envergure internationale et de premier plan », affichant un chiffre d’affaires combiné de quelque 10 milliards d’euros. L’identité de chaque groupe serait préservée.

Soufflet, qui n’avait pas de repreneur, a une zone de chalandise très étendue, avec plus de 250 silos en France (voir la carte). C’est le premier collecteur de céréales à capitaux privés en Europe et le premier exportateur français de céréales à destination de 63 pays. Le groupe est également présent dans les domaines de la meunerie et de la malterie.

Autant dire que les questions sont nombreuses sur l’organisation future de l’ensemble, même si ce n’est pas la première fois qu’un négoce tombe dans le giron coopératif. Les activités de trading seront, notamment, surveillées de près. « Il faut voir comment la situation va évoluer, souligne-t-on à la Fédération du négoce agricole. Car cela pourrait non pas fermer des débouchés, bien au contraire, mais modifier la relation entre les entreprises – négoces ou coopératives – et le futur ensemble InVivo-Soufflet. »

Par ailleurs, dans une vidéo postée sur Twitter, Alain Boulard, président de la chambre d’agricuture de l’Aube, observe : « La diversité d’opérateurs amenait une certaine dynamique, saine, dans le département. » Il se questionne également sur l’organisation territoriale du nouvel intervenant.

R. Borget et I. Escoffier