« Il est trop fréquent et inadmissible que nos champs, nos vignes, nos chemins ruraux soient considérés comme des dépotoirs et que les élus investis de l’autorité publique, luttant contre ces incivilités, soient pris à partie avec violence », dénoncent les agriculteurs du Var.

À la suite du décès, mardi 6 août, de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes, alors qu’il tentait d’empêcher un dépôt sauvage de gravats, la profession réitère son « soutien aux maires de nos communes », selon un communiqué commun, signé par la chambre d’agriculture, la Coordination rurale, la FNSEA et JA locaux.

En venir aux mains

« Cela nous est arrivé pas plus tard que la semaine dernière. On a retrouvé une voiture découpée en trois sur le bord de route », décrit de son côté Denis Sargeret. À chaque semaine son lot de déchets sauvages, et à chaque semaine le même casse-tête pour cet exploitant agricole, maire de Théméricourt, dans le Val-d’Oise. « Ça fait beaucoup de soucis, pour l’agriculteur comme pour l’élu. Le pire, c’est que si on n’enlève pas tout de suite la voiture, d’autres déchets vont s’accumuler à côté. » S’il est parvenu parfois à retrouver les coupables, il estime toujours « compliqué » d’intervenir. « Les gens en viennent facilement aux mains. C’est pour les déchets et pour tout le reste. Moi, ça m’est arrivé quand j’ai demandé à un conducteur de diminuer sa vitesse dans le village. Il roulait très vite. Je lui ai fait signe de ralentir, il est sorti de sa voiture, on a eu des mots. »

Trafic de déchets

La plupart des affaires sont classées sans suite, souligne le maire. La faute aux tribunaux trop engorgés, selon lui. « On veut aller vite. Et alors, ça continue… »

Pour tenter d’enrayer le fléau, l’association des maires de France propose d’introduire le délit de trafic de déchets dans le code pénal. Avec l’objectif d’augmenter le pouvoir de sanction des maires.

En attendant, les autorités conseillent de ne jamais toucher les détritus retrouvés sur place, afin de ne pas en être juridiquement responsable, et d’éviter également de toucher des matières susceptibles d’être dangereuses. Il est en revanche recommandé de prendre le dépôt en photo, puis d’appeler la mairie et, enfin, de porter plainte.

Rosanne Aries