L’avis rendu par l’Anses, le 2 avril, et la circulaire ministérielle relatifs à la gestion des boues de stations d’épuration recommandaient leur hygiénisation avant épandage. Les six agences de l’eau ont proposé des aides exceptionnelles d’urgence pour accompagner les collectivités et industriels qui doivent engager des frais supplémentaires pour les traiter. Dans le bassin Loire-Bretagne, 59 % des boues retournent au sol par épandage direct (100 000 t/an). « Environ 10 %, soit 10 000 t, ne subissent pas d’hygiénisation», explique Sandrine Reverchon-Salle, directrice des politiques d’intervention à l’agence de l’eau Loire-Bretagne. L’agence estime le montant total de la subvention entre 2 à 3 M€.

Économie circulaire

« Il s’agit de montrer aux collectivités que l’agence est présente pour passer le cap, face à des restrictions que personne ne pouvait anticiper », ajoute-t-elle. L’aide servira à court terme à financer les prestations de transport des boues vers des silos de stockage­ en vue de les hygiéniser, des sites de compostage pour les composter avec des déchets verts ou des unités mobiles de chaulage. « On s’attend peut-être l’année prochaine à des projets d’investissements plus durables si les restrictions perdurent », poursuit Sandrine Reverchon-Salle. L’objectif reste d’éviter l’incinération des boues - liquides - non traitées, processus coûteux en transport et en énergie. « La valorisation par épandage est la plus naturelle et la plus logique : le retour au sol forme une économie circulaire. »

Sur le bassin Rhin-Meuse, 60 % des 750 000 t de boues brutes produites chaque année ne sont pas hygiénisées. « Les producteurs doivent trouver des solutions d’évacuation pour 170 000 à 320 000 t. L’urgence est là puisque les capacités de stockage pourraient être saturées d’ici 2 à 3 mois ; l’essentiel de l’épandage de boues se faisant au printemps ou en été selon les départements », indique l’agence Rhin-Meuse.

Justine Papin