«Si un secteur économique ne prend pas en compte les demandes sociétales, il compromet son avenir », a assuré Louis Schweitzer, président de la Fondation droit animal éthique et science (LFDA), lors d’un colloque organisé par l’association le 22 octobre à Paris. À l’ordre du jour : « Le bien-être animal et l’avenir de l’élevage ». Pour Michel Baussier, président honoraire du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, « le souci du bien-être animal n’est apparu qu’à la seconde moitié du XXe siècle ». Il considère que les vétérinaires sont « une interface entre l’élevage et la science, et même entre les éleveurs et les citadins ». Mais dans les rayons, des demandes contradictoires sont observées. « Les exigences des consommateurs sur le bien-être sont bien plus élevées sur un jambon que sur une côte de porc. C’est pourtant le même animal », rapporte Séverine Fontaine, directrice qualité filières animales chez Carrefour.

Rembourser avant de réinvestir

Sur le terrain, « de nombreux cahiers des charges ont été révisés pour prendre en compte le bien-être, à l’instar de celui sur les bovins sous label rouge », défend Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. À l’échelle des exploitations, elle souligne « la nécessité de prendre en compte les remboursements d’emprunts en cours pour envisager l’investissement suivant ».

Et pour celles et ceux voulant se lancer dans l’œuf de plein air, « on n’arrive à sortir aucun projet, ou très peu, assure Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture. À chaque fois, c’est recours sur recours. » Au sujet du bien-être animal, il estime qu’il est « important de comprendre les contraintes de chacun » et d’« éviter l’amalgame entre bien-être animal et maltraitance ». Le ministre insiste sur le rôle du consommateur, promettant de se battre pour l’étiquetage de l’origine, y compris au sein de la restauration hors domicile : « Mon objectif est de sortir un décret début 2021. »

Vincent Guyot