Le CTIFL (1) a réalisé, fin 2019, « un état des lieux détaillé des pratiques de désherbage par espèce et sur l’ensemble du territoire, afin de mesurer les enjeux liés à la mise en pratique d’alternatives à l’usage du glyphosate ».

Chez les professionnels interrogés qui désherbent avec des produits phytosanitaires, le glyphosate est souvent employé (98 %) pour son efficacité et sa souplesse d’utilisation.

L’enquête montre aussi que les vergers en production fruitière intégrée sont déjà engagés vers des pratiques de réduction de l’utilisation des herbicides : 18 % ont totalement exclu les herbicides et 20 % optent pour des méthodes alternatives. Mais seules deux d’entre elles sont réellement mises en œuvre sur le terrain. Il s‘agit de la tonte des lignes de plantation et du travail mécanique du sol. D’ailleurs, leur intégration reste très différenciée selon les espèces­, en raison d’impasses techniques (parc de matériel, main-d’œuvre).

Les résultats de l’enquête soulignent que les alternatives ne sont pas sans conséquences sur les performances de production. Ainsi, pour la pomme, en intégrant une valorisation moyenne des productions, les pertes pourraient se situer dans une fourchette allant de 1 840 €/ha (10 %) à 3 680 €/ha (20 %). Ces techniques entraînent aussi une augmentation des charges de production, qui irait en moyenne de + 62 €/ha/an à + 206 €/ha/an pour la méthode de tonte des rangs de plantation, et de + 193 €/ha/an à + 470 €/ha/an pour la méthode de désherbage par travail mécanique du sol.

Délai très court

« La recherche de méthodes alternatives au désherbage chimique en cultures fruitières est plus que jamais au cœur des travaux de recherche et d’expérimentation du CTIFL et des stations d’expérimentation, rappelle l’institut. Mais au vu des verrous technico-économiques à lever, il semble impossible de mettre au point et valider des solutions pour toutes les productions fruitières dans un délai extrêmement court. »

C.F.

(1) Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes.