Entre juillet 2020 et juillet 2021, « les cours du tourteau de soja, marché directeur de la protéine, ont progressé de 27 %, ceux du blé de 11 % et ceux du maïs de 50 %. Ces augmentations ont ainsi engendré un surcoût alimentaire de plus de 30 % en volailles (selon l’indice Itavi Poulet standard) et d’environ 15 % en porcs (selon l’indice Ifip) », constate la Coopération agricole, dans un communiqué publié le 2 septembre. Le même jour, le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) a affirmé tout faire pour assainir la situation, en revoyant formules et circuits d’approvisionnements, mais « les marges de manœuvre s’amenuisent. »

Face à cette conjoncture capricieuse, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, déplore le comportement de certains distributeurs axant leur communication sur les prix bas. « Les négociations commerciales qui arrivent s’annoncent difficiles », a-t-elle avancé à l’occasion de la conférence de presse de rentrée du syndicat, également organisée le 2 septembre.

Faire preuve de solidarité

Pour sortir de cette impasse, tous appellent à la juste répartition des surcoûts engendrés sur l’ensemble de la chaîne, jusqu’au consommateur. « La logique de construction du prix en marche avant doit aller jusqu’au bout », défend la FNSEA, qui souhaite voir la clause de non-négociabilité du prix des matières premières agricoles maintenue dans la proposition de loi Besson-Moreau (EGAlim 2).

Finalement, le Snia assure que « la situation que traversent les filières animales représente l’épreuve du feu pour les dispositifs législatifs mis en place pour assurer le revenu des agriculteurs dont les éleveurs », sans pour autant mettre en péril les acteurs de la filière. Les fabricants d’aliments fondent également leurs espoirs sur le développement du plan protéines pour conforter la pérennité des filières animales.

A. Courty