Dépression, licenciement de salariés, faillites… Les dysfonctionnements dans le paiement des aides bio et MAEC depuis 2015 sont lourds de conséquence. Au non-paiement s’ajoute le silence de l’Administration et l’angoisse de se voir exiger le remboursement des ATR (1).

« L’ASP (2), qui ne peut pas contrôler nos assolements avec deux ou trois ans de retard, ne sait plus comment clôturer nos dossiers », ajoute Yves-Louis Boumier, président d’un collectif d’agrobiologistes normands qui a décidé d’ester en justice. « Maître Corinne Lepage a accepté de nous représenter », nous annonce-t-il au lendemain d’une rencontre à son cabinet parisien, le 25 juin. Un nouveau rendez-vous était prévu le 1er juillet.

La Coordination rurale soutient l’action et plaide pour une union syndicale. « Il faut que le maximum de producteurs nous rejoignent », insiste sa secrétaire générale, Véronique Le Floc’h.

L’action, bien que collective, portera sur des cas individuels. Tout agriculteur peut adhérer au collectif (3) pour avoir accès au cabinet d’avocat. Une plateforme en ligne, permettant l’envoi des dossiers avec les pièces jointes requises, devait être ouverte le 5 juillet, à l’adresse www.ligueab.org.

Le collectif réclame le règlement immédiat de tous les dossiers en souffrance, sur la base des déclarations Pac initiales des agriculteurs et des comptes rendus de contrôle des organismes certificateurs bio. Il demande aussi des dommages et intérêts.

En attendant, il prévoit de faire du bruit. « La population entière doit savoir comment l’État traite les gens engagés dans l’agroécologie, martèle Yves-Louis Boumier. Et si la pression nationale ne suffit pas, on a un réseau dans dix-neuf pays ! »

B. Lafeuille

(1) Apports de trésorerie remboursables.

(2) Principal organisme payeur français qui gère les deux fonds agricoles européens de la Pac.

(3) Une cotisation de zéro à 100 € (selon la santé financière de l’exploitation) est demandée pour couvrir les frais de communication.