Ce qui est en cause. L’association de protection des animaux L214 a publié, le 29 juin, une quatrième vidéo polémique tournée dans deux abattoirs du sud de la France.

Après enquête. Si les premières images lâchées par L214 cet hiver avaient échaudé la profession, la tension monte encore d’un cran. Non pas que la filière nie qu’il y ait des dérives dans certains abattoirs. Ce qui l’agace, c’est l’hypocrisie des militants antispécistes qui, sous couvert du bien-être animal, prônent l’éradication pure et simple de l’élevage. « Ils ne veulent plus qu’on mange de viande, rappelait Stéphane Le Foll sur RTL, le 1 er  juillet. On doit régler ce problème du bien-être animal et faire en sorte qu’il n’y ait plus ce qu’on a pu voir. Mais on ne peut pas non plus accepter cette pression morale. »

Pour les associations dites « welfaristes », l’objectif est de garantir le bien-être des animaux. L214 va beaucoup plus loin. Elle s’inscrit dans la mouvance antispéciste, selon laquelle l’animal ne doit pas être assujetti à l’homme. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Le 30 juin, c’est l’association 269 Life libération animale qui appelait ses sympathisants à piétiner devant quelques abattoirs. Elle dit vouloir « attirer l’attention du public et des médias sur cet holocauste silencieux et toléré par notre société spéciste : celui des animaux ».

Les militants ont parfois été fraîchement accueillis par des éleveurs, fatigués d’être traînés dans la boue. Car ces derniers vivent une double peine : ils sont les premiers secoués par la violence des images. Et subissent de plein fouet rejet et critiques acerbes. Le dialogue entre les parties fut, pour ainsi dire, impossible. Que l’animal ne soit pas une chose, tout le monde en convient. Mais comment argumenter face à cette jeune fille qui brandit une pancarte griffée d’un « Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir en se disant ce ne sont que des animaux » ?

Hélène Chaligne